Être avec une lointaine cousine et surtout avec une demoiselle de haut rang procure une étrange sensation d’étonnement couplée avec un brin de tristesse. Je traîne ma tronche, soulagé de temps en temps par Marine qui vient me réconforter de cette miséreuse injustice. La limousine attendait, prête à démarrer … par réflexe je tournais ma tête à gauche …
… quoi qu’est-ce qu’il fait là le blond ? Je crois qu’il m’a remarqué aussi … hu hu hé hé hé hé …
Qu’il avance ! Je n’ai pas peur ! J’en ris même. Nathalie marqua aussi une pose et le regarda aussi, elle a l’air de le reconnaître. Je fis un grand effort pour garder tout mon calme et le flegme qui me caractérise …
- Mais qu’est-ce que … ? Demanda Nathalie.
Trop tard il courrait vers moi avec une envie de me faire du mal. Je la vois dans ses yeux … son expression de franche vengeance … hé hé hé … Quoi ? Je n’arrive pas à bouger … il s’approche encore plus, cette fois il se met en garde pour me donner un éventuel coup de poing. Serais-je tétanisé ? Aurais-je peur ? Mais allez avance !
Ce qui se passera ne sera pas de mon propre conscient …
En effet je ne sus comment j’esquivai son direct droit et poussé par son élan je parvins à lui choper le coup (de ma main droite). Quelque chose de prodigieux en est l’origine car je le hissai sans mal et l’entraînai par terre en exécutant un Chokeslam.
Mais ce n’était pas normal … en plus le temps s’est (encore) figé …
Je commence à saisir peu à peu l’horreur où je me trouve. J’ai perdu contrôle de moi-même au profit de ma partie hyperactive … Ce Magnus imposant … ce rire … cette agitation d’énergie … Il allait asséner un coup fatal au blond …
Eh ! Je ne déteste pas cette personne au point de la tuer tout de même ! Mais mince ! Personne ne sauvera ce bonhomme ?! Je ris … Oh mon dieu je déteste ce rire guttural ! Abject ! Répugnant ! Non il fait tomber sa grosse épée pour le coup fatal !!!
Oh … merci Marine … merci, merci … elle s’interpose avec Benihime … je me retrouve … je suis à la fois Marine et moi-même, je me détache de cet hyperactif borné. Je le regarde en face … finalement il n’est pas si mal, je dirais même qu’il est plus beau que moi.
Mais je ne peux pas me permettre de tuer. Il est allé trop loin, d’un coup de revers je rejette le Magnus. Je ne peux qu’user de ma main droite, le temps étant figé je dois aussi faire attention à Nathalie. Je chancelle … non je n’ai pas le temps de me fatiguer !
- Qu’es-ce que t’as ? Tu faiblis ? Pas étonnant car c’est moi la source de ton pouvoir caché !!! Lança le Doppelgänger.
Mais qu’est-ce qu’il raconte celui là ? Ce n’est pourtant pas ma conscience … Je me jette sur ce frivole, il réplique à coups frénétiques … rapidement je suis contraint de revenir sur mes pas …
- Tu n’es rien car je suis ce que je suis. Je dois t’éliminer. Répliquai-je.
- Alors là tu n’as rien compris ! En … (je fis la sourde oreille … pas envie d’entendre un juron) ! Qui t’a poussé à avoir le Death Note ? Qui t’a permis d’avoir le « super kick » et la « corde à linge volante » ? YO ! Qui t’a donné l’ancien nom de Marine ? Qui t’a proposé ce nom déjà hein ? Je n’ai fais que vivre sous ton ombre.
- Quoi tu …
- J’AI BIEN ESSAYE DE TE POSSEDER ! MAIS CA NE MARCHE PAS ! JE ME RENFORCE DE JOURS EN JOUR ! C’EST MOI LA SOURCES DE TES « RIRES » … HA HA HA HA HA !!!!
Tout d’un coup il se renfrogna et murmura :
- J’ai besoin d’exister, je suis tes désirs, tu dois les exécuter. Refouler encore et encore me rend encore plus fort … je suis en train de te ronger Tony … et je suis ta seule source de pouvoir … GETSUGA TENSHÔ !
Je n’ai jamais cru avoir une force pareille … jamais cru qu’il fut capable de faire monter un Magnus en l’air pour envoyer cette attaque …
Il m’assène d’un coup rapide qui me transperça … Il avait raison … je me perd … Benihime … s’empare de moi … ma ravale tout entier … serait-ce pour me sauver ?
Je n’ai plus de quoi être autonome car privé de mon corps et d’une partie de mon âme. Cela dit je reste toujours « conscient » de mon existence … Non pas seulement par ces mots qui vous apparaissent à l’écran (qui est le seul témoin de mon existence) mais aussi la volonté fugace qui apparaît « entre » les lignes … non vous ne croyez point d’avantage ? Pourtant je suis toujours « existant » (pour ne pas dire « vivant ») et dois venir à bout de ma moitié caractéristique, hyperactive …
Je ne possède pas encore mon corps mais je sais que je suis enfoui dans Benihime … j’arrive même à voir sans regarder les délicates mains empruntées d’Hillary … mais oui … je suis dans le corps de Marine … qui épouse avidement toutes les courbures d’Hillary … quel sensation étrange de se sentir femme. Différent en tout cas de ma posture d’homme …
Je ne peux que rester ahuri … sur la formidable puissance donnée par mon ange si bien aimé … elle est droitière, la droiture fait son charme aurait-elle dit un jour. Mon hyperactif ne saurait rivaliser avec une telle mélodie qui émane dans les airs et qui l’oblige à se dépenser jusqu’à épuisement. Et comme une fin de mélodie elle l’enlace et l’embrasse de toute sa joie et peine … me libérant ainsi … libérant le temps qui s’écoule continuellement …
De retour au monde habituel, je fis mine de chanceler … comme cela, je donne l’impression que j’ai esquivé mon attaquant sur un coup de chance et que par panique j’usais d’une technique de lutte professionnelle. Nathalie resta tout aussi choquée … elle s’accroupit oubliant par cela ses manières de nobles … mais qui est ce blond ?
- Laurent … que t’est-il arrivé pour que tu agisse ainsi ?
Je n’ai point voulu entendre ce qu’il avait à dire … et puis je n’ai pas envie de lui expliquer quoi que ce soit … bah au fond qu’est-ce que je me fiche de garder ou non une image respectueuse … même envers un membre éloigné …
Mais elle a un frère la petite princesse !
Je n’écoute point … mais je crois que tout se passe bien car il se relève et marmonne quelque chose comme des excuses. J’acquiesce en signe de reconnaissance sans avoir rien entendu … J’entre dans la limousine …
Nathalie a réellement un regard très pénétrant … pas étonnant qu’elle ait une relation avec Jose … Je ferme les yeux, bien sur j’oubliais que je n’arrivais pas à voir le noir. Même en pleine obscurité mon cerveau travaille hyparctivement au point que l’aire de vision est affectée par des sillons blanchâtres qui emplissent mon paysage visuel.
Passons aux son, même dans le silence le plus plat il m’arrive de percevoir des pointes de sons synonyme de la présence de puissantes aura … la plus proche résonne telle une œuvre sortie d’un orchestre philharmonique …
Mais je pince pour ce genre de femme moi !!!
Je n’arrive pas à contenir mon « ça » hyperactif. Non, ma conscience n’en a que faire de ses propos … aïe, mon poignet …
- Tony. Demanda Nathalie
- … (je n’avais rien à dire …)
- Pourquoi ne me dis-tu rien sur toi ?
- Je n’aime pas parler de moi … je donne l’impression d’être égoïste …
Je laisse ces mots en suspens … oui je n’aime pas jouer les héros et me pavaner avec quoi que ce soit. J’ai compris que pour survivre il faut vivre, et que pour vivre il faut aimer. Et aimer à droite ou à gauche importe peu, du moment qu’on est face à ce mot qui défie la logique mathématique et le sens commun. Comme pour une tentative de vaincre mon alter-égo hyperactif, une musique triste, mélancolique résonne dans ma tête … je me demande si quelqu’un, ou quelque chose arrivera à stopper cette musique … mais au fond, je n’aimerais pas qu’elle arrête … les larmes me montent aux yeux … triste, je l’étais … et triste je le suis. Ne t’arrête pas de résonner … cela me fait … du bien ?
Mais qui m’attrape ? Je sens un fin duvet qui m’entoure, je sens un parfum familier et je vois un dos recourbé sur moi … Non … Nathalie …
- Tony, il se trouve que … je sais à propos de ton … enfin … la maladie dont tu es atteint. Hillary est une amie de longue date … c’est moi qui l’ai contactée dès que j’ai su que tu allais à Metz. Avoua-t-elle.
- Ah … fis-je en étant à moitié étonné (J’avais prévu cette éventualité … analyste oblige)
- Ca ne sert à rien de rester silencieux Tony … tu ne surmonteras rien tout seul … fais confiance à tes amis, tes alliés …
Je ne pouvais répondre … parler d’amitié et d’alliance me fait revenir à l’épisode « Roxanne Angelo » et je n’aime point en parler …
Arrête de faire ton char idiot ! Elle t’enlace et toi tu ne fais que verser une larme crétine ?
Je n’ai pas besoin de conseils la dessus … pourquoi Nathalie a-t-elle abandonné ses manières « délicates » pour en venir à cela ? Je ne peux pas dire que je me plais … je m’emplis encore avec un peu de tristesse … j’usais enfin de ma main droite pour tenir un peu plus Nathalie … ce n’est pas du bonheur qu’elle me procure … la tristesse n’est pas une si mauvaise chose … vivre tristement permet d’avoir conscience de quelque chose de mieux, de plus gai et de plus harmonieux …
Nathalie me rappelle trop Roxanne de part son corps … les rares fois où j’ai eu à l’enlacer, je sentais ce même sentiment de chagrin … je ne sais point combien de temps ai-je passé en compagnie de l’amie de Jose Luis … mais je sentis une toute autre chose quand j’entrevis la gare de Strasbourg.
Mais qui attendait aussi ? Non ne me dites pas …
Hillary ! Ho ho ho ! Ca promet …


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