Il commence à faire froid. Un silence de mort occupait le couloir là où moi, Tony li Britannia, regarde en face le type de tout à l’heure. Il s’avança le poing levé, cherchant sans doute à me faire du mal, à me blesser ou même à m’injurier éternellement, laissant son amie seule essuyant ses larmes et sans doute maudissant elle-même pour n’avoir pas pu convaincre son copain … peut être planait-elle une après-midi avec lui ? Et, à cause de moi, elle se retrouve ici dans je ne sais où dans un couloir désert … est-ce cela l’amour ? Posséder un être ? Non … ce n’est pas ça … Roxanne …
Depuis ce matin je vous disais que je deviens fou : preuve en est, je reçu un coup de poing. Trop occupé dans mes pensées, je laissai mon ennemi me donner un puis deux directs droits ; ce qui sonne le glas au moment de déconnexion, rapidement je monte dans une de ces colères … grogne … il n’aurait pas du … Je chancelle mais ne tombe pas, je fixe cet énergumène du regard. J’oublie la notion de douleur, je ne ressens pas la douleur du coup de poing. Las de rester statique, j’expédie un direct gauche ; la poussée induite devrait me permettre ensuite d’avoir assez d’espace pour lancer un « super kick ». Non je défaille et je me retrouve trop loin de ma cible !
« Qu’est-ce t’as ? Tu te dégonfles ? » Lança le blond.
Il ne fallait que cette réplique pour me mettre à bout ! Marine, mais où es-tu ? J’en ai plus qu’assez de l’injustice qui pèse sous mes épaules ! Marre ! Je m’élance en feignant user de ma main gauche pour un second coup de poing mais cette fois je ne m’arrête pas je fonce … Marine … je te présente mon second coup spécial : Le « Flying clothesline » ou la « Corde à linge volante ».
Le coup est relativement simple, je saute puis j’écrase mon adversaire d’un coup porté par mon bras droit. L’effet est immédiat, l’adversaire s’écroule, j’ai gagné le combat.
Mais je ne suis pas une brute l’ai-je souvent répéter, j’aime le fair-play et la justice. Je tend la main à l’adversaire et lui pardonne de son acte car le plus important reste le pardon (chose que je n’ai pas eu droit avec Roxanne … je l’aime).
La réponse fut claire, la fille repoussa ma main tendue puis aida le blond à se relever. L’effet fut immédiat, je me retourne, j’ai perdu le combat.
Pas besoin de voir la quantité d’aide que cette personne est en train de recevoir, nul besoin de voir l’affection que délivre cette fille à cette personne ; mon rêve se trouve fragilisé, ma raison d’être détériorée, ma vie ignorée par ce mystérieux mélange de peuple et d’idées qui m’entourent. Mais pourquoi diantre n’ai-je pas le droit à l’affection ? Pourquoi toujours vivre dans l’hypocrisie continuelle ? Où es-tu Marine ? Qui suis-je alors ? Est-ce que je t’aime Roxanne ?
Un rire commence à jaillir au fin fond de moi-même.
Avançant à pas rapides, je bifurque vers la gare de Strasbourg. Quantité de choses bouillonnent en chemin : mon rôle déchu, mon combat perdu, ma destinée gâchée et enfin mon cœur brisé. J’en ai assez de l’injustice qui règne … mais suis-je fou ?
Le rire résonne … résonne … entre temps je raisonne … raisonne … résonne …
Je cours … je me sens moins prisonnier de ce faux semblant de vie. Il commence à pleuvoir, la gare est encore loin. Est-ce je cours pour la gloire ? Où suis-je en train de courir à ma perte ? Cours … cours petit Tony … vis …
Les rires cessent. Les contraintes aussi, un film commence à défiler devant moi : je vois Jose Luis foncer avec Nathalie dans sa voiture, je me vois lorsque j’avais enlacé Roxanne l’année dernière, Marine qui pleurait pour la première fois … je veux continuer, je veux vivre. J’ai perdu un combat, mais pas la guerre. La pluie cesse de tomber, je cesse de trembler … je m’arrête. Au loin de nombreux TGV prêt à partir avec l’habituel et incessant flot de voyageurs qui rempli le paysage environnant de teintes multicolores. Je cherche à prendre mon ticket à la billetterie. Je m’adresse au comptoir :
- Bonjour, je voudrais un aller simple pour …
- Metz. Répondit une voix familière, que personne n’entend sauf moi ...




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