Accueil Date de création : 11/06/06 Dernière mise à jour : 15/11/08 20:25 / 38 articles publiés

Chapitre 7 : Un combat perdu, une guerre incertaine.  (L'histoire du Blog) posté le samedi 08 mars 2008 17:09

Il commence à faire froid. Un silence de mort occupait le couloir là où moi, Tony li Britannia, regarde en face le type de tout à l’heure. Il s’avança le poing levé, cherchant sans doute à me faire du mal, à me blesser ou même à m’injurier éternellement, laissant son amie seule essuyant ses larmes et sans doute maudissant elle-même pour n’avoir pas pu convaincre son copain … peut être planait-elle une après-midi avec lui ? Et, à cause de moi, elle se retrouve ici dans je ne sais où dans un couloir désert … est-ce cela l’amour ? Posséder un être ? Non … ce n’est pas ça … Roxanne …

            Depuis ce matin je vous disais que je deviens fou : preuve en est, je reçu un coup de poing. Trop occupé dans mes pensées, je laissai mon ennemi me donner un puis deux directs droits ; ce qui sonne le glas au moment de déconnexion, rapidement je monte dans une de ces colères … grogne … il n’aurait pas du … Je chancelle mais ne tombe pas, je fixe cet énergumène du regard. J’oublie la notion de douleur, je ne ressens pas la douleur du coup de poing. Las de rester statique, j’expédie un direct gauche ; la poussée induite devrait me permettre ensuite d’avoir assez d’espace pour lancer un « super kick ». Non je défaille et je me retrouve trop loin de ma cible !

            « Qu’est-ce t’as ? Tu te dégonfles ? » Lança le blond.

            Il ne fallait que cette réplique pour me mettre à bout ! Marine, mais où es-tu ? J’en ai plus qu’assez de l’injustice qui pèse sous mes épaules ! Marre ! Je m’élance en feignant user de ma main gauche pour un second coup de poing mais cette fois je ne m’arrête pas je fonce … Marine … je te présente mon second coup spécial : Le « Flying clothesline » ou la « Corde à linge volante ».

            Le coup est relativement simple, je saute puis j’écrase mon adversaire d’un coup porté par mon bras droit. L’effet est immédiat, l’adversaire s’écroule, j’ai gagné le combat.

            Mais je ne suis pas une brute l’ai-je souvent répéter, j’aime le fair-play et la justice. Je tend la main à l’adversaire et lui pardonne de son acte car le plus important reste le pardon (chose que je n’ai pas eu droit avec Roxanne … je l’aime).

            La réponse fut claire, la fille repoussa ma main tendue puis aida le blond à se relever. L’effet fut immédiat, je me retourne, j’ai perdu le combat.

            Pas besoin de voir la quantité d’aide que cette personne est en train de recevoir, nul besoin de voir l’affection que délivre cette fille à cette personne ; mon rêve se trouve fragilisé, ma raison d’être détériorée, ma vie ignorée par ce mystérieux mélange de peuple et d’idées qui m’entourent. Mais pourquoi diantre n’ai-je pas le droit à l’affection ? Pourquoi toujours vivre dans l’hypocrisie continuelle ? Où es-tu Marine ? Qui suis-je alors ? Est-ce que je t’aime Roxanne ?

            Un rire commence à jaillir au fin fond de moi-même.

            Avançant à pas rapides, je bifurque vers la gare de Strasbourg. Quantité de choses bouillonnent en chemin : mon rôle déchu, mon combat perdu, ma destinée gâchée et enfin mon cœur brisé. J’en ai assez de l’injustice qui règne … mais suis-je fou ?

            Le rire résonne … résonne … entre temps je raisonne … raisonne … résonne …

            Je cours … je me sens moins prisonnier de ce faux semblant de vie. Il commence à pleuvoir, la gare est encore loin. Est-ce je cours pour la gloire ? Où suis-je en train de courir à ma perte ? Cours … cours petit Tony … vis …

            Les rires cessent. Les contraintes aussi, un film commence à défiler devant moi : je vois Jose Luis foncer avec Nathalie dans sa voiture, je me vois lorsque j’avais enlacé Roxanne l’année dernière, Marine qui pleurait pour la première fois … je veux continuer, je veux vivre. J’ai perdu un combat, mais pas la guerre. La pluie cesse de tomber, je cesse de trembler … je m’arrête. Au loin de nombreux TGV prêt à partir avec l’habituel et incessant flot de voyageurs qui rempli le paysage environnant de teintes multicolores. Je cherche à prendre mon ticket à la billetterie. Je m’adresse au comptoir :

-          Bonjour, je voudrais un aller simple pour …

-          Metz. Répondit une voix familière, que personne n’entend sauf moi  ...

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Chapitre 7 : Vérité  (L'histoire du Blog) posté le vendredi 28 mars 2008 19:17


« … et c’est comme ça que je me suis assurée que le cahier est bel et bien en sécurité ! »

            Le train roulait depuis maintenant une demi heure et Marine faisait un compte rendu détaillé de son absence. Je faisais mine d’écouter, mon état ne me permettait pas l’appréhender la présence soudaine de mon ange. Cet épisode de doute m’a fait comprendre que je porte une trop lourde charge … une de plus … après Roxy … le fossé est réel, je le sens, je le sais.

            « Tony, pourquoi ne m’écoutes-tu pas ? »

            Enfer et damnation ! Je savais bien qu’elle s’en rendra compte. Je lève la tête, je voudrais la voir les yeux dans les yeux. Je me fiche de ce que pourrait penser un éventuel passager assis près de moi, je voudrais savoir … je sentais que quelque chose allait se passer … je tourne la tête vers Marine.

            Le marron de mes yeux croisa le noir profond de ses iris. Un phénomène se produit, loin de ce monde physique, loin de ses dimensions habituelles.

            Je me sentais happé de mon siège, le train n’existait plus, des images défilent. Je pris un instant pour m’apercevoir que ce sont celle qu’avait vu Marine lors de son périple. J’assistai, ému, au déroulement aléatoire du film …

            M marchait silencieusement dans le couloir, il se retourna, puis fit pivoter un bouton caché. Une porte déguisée surgit alors laissant entrevoir une salle encore plus imposante que celle du QG de Nathalie. Roxanne était dans la salle et Marine s’obstinait à la regarder et faisait en sorte que M soit visible que de dos. Je savais que c’était pour que je ne le reconnaisse pas … ah Marine …

            M déposa son sac et s’adressa à Roxy :

            - Je dois t’avouer quelque chose. A-t-il murmuré

            - Quoi donc ? demanda Roxanne.

            - Te rappelles-tu de la dernière fois où tu m’as enlevé …

            - … le casque et qu’on s’est embrassé ? Je savais bien que tu portais un masque, je voudrais savoir pourquoi. Entonna Roxy d’une voix vive.

            Visiblement, M fut un peu surpris de sa réponse. Moi je fus un peu désarçonné par la désinvolture du ton lorsqu’elle eut à prononcer le mot « embrassé » … toujours dans une voix douce Angelo continua :

-          J’imagine que tu attendais quelqu’un autre que moi ?

-          Oui Roxanne Angelo, oui. J’attendais Kira. Dis M de sa même voix neutre en prenant une chaise.

-          Kira ? Tu veux dire que …  tu le suspectes ? Tony est Kira ? s’interrogea Roxanne.

-          C’est la seule personne qui détient un taux de probabilité de 8 %, continua M sans remarquer que Roxanne avait les yeux grands ouverts, il est vrai que je suspecte un peu tout le monde. Mais tous ne dépassent pas la barre des 0.5 %, non je pense qu’il y a beaucoup de choses qui plaide en faveur de ce que j’avance …

            Ah le sagouin ! Je n’arrive pas à tenir en place, mais où suis-je ? Cloîtré dans une dimension repliée ? Je peux voir l’espace temps défiler devant moi, mais je n’arrive pas à me cerner. Suis-je obligé de rester témoin de cette scène ?

-          Tony, murmurait Roxanne … Tony … ? (Ah je t’aime ! Je t’aime !)

-          … sans oublier un autre suspect aussi probable, à 5 % cette fois …

-          … Jose ?

-          … toi ma chère Roxanne.

            Non mais quel … comment ose-t-il accuser Roxy de la sorte ? Je pensais que j’avais pris les mesures nécessaires … Roxanne … Roxanne … je dois faire quelque chose … je sens quelque chose battre en moi …

            Mais que fait-elle ?

            Pourquoi l’embrasse-t-elle ?

            Qu’ai-je fait ?

            Le souvenir bascula encore … je me retrouve dans l’habituel chambre de Jose Luis. Giovanni Antonio Reyes y étais, le teint blanc, émacié, fatigué et tenant un cahier …  mais c’est mon Death Note !

            « Je vois que le cahier est en sécurité »

            Antonio sursauta et fut soulagé de me voir, ou plutôt de voir que c’est Marine. Il acquiesça et mit le Carnet dans sa valise diplomatique. Il ouvrit la porte de la chambre et dit simplement.

            « Elle n’est pas contrôlée par son frère, elle est libre. »

            N’ayant pas encore saisi, je fus encore plus surpris de me voir dans une glace … mais non ce n’est pas moi ! C’est Marine, elle souriait ! Gio sortit de la maison et pris une direction qui m’est familière … trop familière.

            C’était la fameuse allée où j’eus à rencontrer Tina … mais elle était là ! Mais que se passe-t-il ? Expliquez moi bon sang ! Il l’étreignit fort dans ses bras … et l’embrassa …

            Changement de décor.

            Ce décor là je le reconnais, c’est ma chambre d’étudiant à Strasbourg. Il faisait nuit, je me déplaçais … rectification … Marine se déplaçait vers la chambre à coucher. Je ne me suis jamais vu d’un angle aussi bizarre. Le Tony du lit dormait, Marine s’approchait. Je pouvais maintenant sentir les battements lents et répétitifs du Tony du lit. Je m’approche à son oreille gauche.

            « Je vais voir si tout va bien, j’espère que je n’aurais pas à te manquer beaucoup. »

            Marine semblait se retourner une fois, avancer. Puis s’arrêter au niveau de la porte. Quelque chose cependant se produisit. Peut être fut-il la plus grandiose chose qui m’ait échappée depuis que j’ai connu Marine. Celle-ci fit volte-face et fonça jusqu'à moi ou plutôt le Tony qui dormait. Elle était toute prête de lui, elle sentait sa respiration. J’avais encore les yeux clos, peut être sentais-je son aura ? Elle se rapprochait inexorablement de ma (Tony) bouche. C’est comme si le temps, relatif au film, ralentissait … jusqu'à être arrêté …

            J’ai du franchir une ligne rouge, Marine me chassa de son souvenir.

            Je me retrouve entre la scène ou Marine est toute proche du Tony dormant et celle ou je suis, en âme tout au plus, dans une dimension détachée, entrain d’observer ce qui se passe. Marine, la vraie sans doute, apparut. Je ne l’avais jamais vu aussi rougeoyante, en pleurs. Elle est dans la dimension où je me trouve, elle me pousse je ne …

            « Pourquoi me fais-tu cela ? Sors donc de ma tête ! »

            Alors c’est comme ça que pense un ange ? Je la fixai, l’air apeuré, je n’ai pas voulu cela. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai ? Suis-je fou ? Je hurlai :

            « JE NE VEUX PAS ! JE NE VEUX PAS ! AIDE MOI AU LIEU DE ME POUSSER ! J’EN AI ASSEZ ! »

            J’étais énervé, je ne savais pas ce qui m’a poussé à crier comme ça. Sans doute est-ce la détresse qui me pousse à agir, à pleurer, à me maudire. Je veux rejoindre le monde physique ! Je veux aller à Metz !

            Marine cesse de pleurer, elle m’a compris. Elle dit simplement :

            « Quelqu’un t’appelle »

            Tony …

            Une voix ?

            Tony ! Ne sois pas mort !

            La même voix. Elle est aigu … un voix que je dois reconnaître …

            Ouvre les yeux !

            J’essaie d’ouvrir un œil … je suis couché sur une sorte de banquette … le jeu de lumière me joue des tours … mais j’arrive à distinguer une tête, des lunettes, une chevelure noire intense …

            « H… Hillary … » ai-je dis, je me rendormi sur-le-champ.

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Chapitre 8 : Une autre confession  (L'histoire du Blog) posté le vendredi 11 avril 2008 21:17

            Une heure … deux heures … il est 3 heures 30 maintenant, je pense que je peux me réveiller. Je suis conscient du lieu mais je m’interroge sur la manière dont on m’a acheminé. Je demanderais des explications plus tard, essayons d’ouvrir les yeux.

            Une lumière aveuglante m’ébloui, je pris du temps à m’adapter. Je suis dans ce que je peux décrire comme le cabinet d’un psychanalyste. Un tableau, d’apparence vide, était accroché au centre de la pièce. Intrigué, je me mis à le contempler depuis mon canapé. Au fait, il n’est pas si vide que ça. Je pense même qu’il n’attend que le moment pour que chacun y mette quelque chose, un bout de soit même, une sublimation du temps présent. J’essaie de bouger, j’arrive à pivoter. Lentement, sûrement, je me relève.

            Quelle joie de me retrouver ! Sentir mes jambes me soutenir est une preuve évidente, quoique subjective, de mon existence. Ce tableau qui paraît vide ne l’est pas et ne le sera jamais. Il est blanc, pur, mais il n’est vide sous aucun prétexte. J’entends des bruits de pas et un léger murmure, après tout je suis chez une psychanalyste non ? Je me retourne.

            « Oh, je vois que notre patient est débout. » dit Hillary en souriant.

            « Bien levé Tony ? » rétorqua Marine.

            Je savais que beaucoup d’événements attendent à être analysés de mon côté. Mais ma venue ici est motivée par un désir d’évoluer, une volonté de me surpasser. Reste plusieurs interrogations en suspens que j’aimerais éclairer.

-          Bonjour et merci d’avoir pris soin de moi Hillary, répondis-je, mais j’aimerais bien savoir comment as-tu pu deviner que j’allais te rendre visite ?

-          Je vois qu’on ne peux rien te cacher, dit-elle en montrant son téléphone portable, j’ai reçu un appel d’une certaine mademoiselle Nathalie qui m’a demander de t’accueillir … j’étais plus que ravie car je pensais que tu ne tiendrais pas tes promesses. Mais il ne fallait pas te mettre dans un tel état quand même !

-          Quel … état ? Pardon ?

-          Tony n’a visiblement rien compris … me souffla Marine (merci du compliment « my sweet angel » …)

-          Tu étais fébrile et tu n’arrivais pas à placer un mot. Je ne sais pas mais … je me suis permis de … (elle rougit, visiblement je dois m’attendre à quelque chose) de … t’examiner …

-          Je … m’examiner, moi ? Mais …

-          Rassure-toi c’était pour t’aider, pour t’aider !!! dit précipitamment Hillary, j’ai juste fait un électro-encéphalogramme et vérifier tes paramètres vitaux. (Elle posa une main sur mon épaule) Je ne veux que t’aider.

-          Hé ! Pas touche la psy ! S’exclama Marine (elle mit sa main sur mon autre épaule, je n’ai rien compris. En tout cas, Hillary enleva rapidement la sienne.)

-          Oh j’apprécie beaucoup ton geste (Marine enlève sa main, l’air outrée). Au fait, c’est pour honorer ma promesse que je suis là mais je suis là aussi parce que j’ai besoin …

-          … d’une psychanalyse je le sens. Acheva Hillary. D’accord, veuillez vous asseoir dans le canapé je vous prie.

            Elle prononça sa dernière phrase d’un ton presque autoritaire, formel. Rien à dire, il y a la Hillary psychanalyste et un autre Hillary plus aimable. Je m’assoupis et, saisi d’une illustre inspiration, je débutai un récit passionnant sur ma vie tout en réfléchissant sur ce qui s’était passé quand Marine n’était pas là.

            J’ai commencé mon histoire par ma naissance et  ma famille. De ce point de départ je commence une analyse parallèle … tant de gens m’ont menti.

            « Il faut dire que mon enfance fut relativement calme et douce … la perspective d’avoir un petit frère me réjouissait énormément … »

            Jose Luis et Antonio m’ont un peu menti, le Death Note est chez Gio et la sœur de Jose ne va pas mourir car elle ne connaît rien de rien ! Néanmoins ceci me réjouit profondément : je sais maintenant que mon ami n’est pas si cynique que ce qu’il n’y paraît et que Giovanni soit en relation avec … non attend …

            « La maternelle ? J’ai sauté un an ! Un an de vacance simplement parce que je savais dessiner un cercle ! »

            Cette Tina … comment diantre a-t-elle pu connaître Gio ? Est-ce un risque pris par ce dernier pour me démasquer ? Si c’est le cas, il a réussi … veut-il ma perte ou quoi ? On verra bien qui perdra cette fois-ci … Marine me sourit, je n’ai pas eu le temps d’apprécier son geste. Elle m’avait prévenu alors que je faisais la tête … elle a même … enfin … on ne m’a jamais fait cela pensais-je en rougissant.

            « Quand j’ai quittée l’école élémentaire, je n’étais pas vraiment triste. Je pense que ce fut le début d’une nouvelle vie … »

            Je continue ma litanie tout en restant concentré sur ce qui s’est passé … tôt ou tard j’arriverai au chapitre de Roxanne … je dois m’y préparer, garder mon calme … après tout Marine est avec moi ... sans elle, jamais je ne saurais si réellement je suis suspect au yeux de M. Ce M … diantre … il a pu gagner son cœur …

            « Ben … au collège, rien ne présageait au changement. Un beau jour, je me suis retrouvé esseulé par mon groupe et je vis un chat. Un frêle petit chaton tigré mi-blanc, mi marron. Machinalement, je voulus le voir de plus prêt. Il s’enfuit … j’avais l’habitude qu’on me fuit, mais je voulais voir ce chat … »

            Le moment approche … à part moi, seul une autre personne est tout aussi suspecte : elle … mais pourquoi … est-elle … avec … lui ?

            « … j’ai retrouvé ce chat ! Il était dans les bras de la plus remarquable personne que je n’ai jamais rencontré de ma vie … »

            J’ai essayé d’être le moins touché possible, user des mots les plus neutres … mais rien n’y fait ! Rien, pas même moi-même ne peux m’empêcher de ressentir le même électrochoc, l’unique sensation : la raison ultime de l’amour.

            Je m’arrêtai de parler. Je ne voulais pas monter à Hillary que je pleurais, j’entrevois une fenêtre. Je m’y dirige dans l’espoir que ça m’occupera et que cela me dissipera ma tristesse. A ma droite se trouve un grand bâtiment publique : ce doit être la Mairie de Metz. Au centre une magnifique place d’arme, sans doute chargée d’histoire à en croire l’architecture. La modernité à sa place car au loin une galerie marchande est ouverte, j’espère pouvoir y trouver mon jus d’orange préféré !

            Deux mains se posent sur mes épaules, c’est encore Hillary.

-          Tony, s’il te plait continue. Je pense que tu as quelque chose qui te tracasse …

-          Euh … à vrai dire … oui …

-          Cette fille, qui tenait un chat, tu es tombé amoureux d’elle ? demanda-t-elle.

-          Bien sur … bien sur ! Mais oui ! Je l’aime ! Peut être plus que je ne me suis aimé moi-même ! Elle … je ne sais pas si c’est exacte, mais c’est comme si elle s’est trouvé au BON endroit et au BON moment. Je ne savais pas que c’était de l’amour le picotement que j’avais dans mon cœur !

-          Et maintenant, tu la vois encore ? Tu l’as perdu de vue ?

-          On est resté dans la même école jusqu’au Bac. Et avant mon départ en France … mais là n’est pas le problème … je l’aime, non pas pour la désirer, mais au point de vouloir la voir heureuse.

-          Ne pleure pas Tony. Me murmura Marine. Ne pleure pas … s’il te plait.

            Je ne pouvais réprimander une larme. De grosses larmes coulaient, dégoulinaient de mes yeux. La perspective de voir Roxanne Angelo aux bras de mon pire rival me rendait malade, faible, ivre …

-          J’imagine qu’elle a du te faire quelque chose ou que quelqu’un est rentré dans sa vie …

-          Bonne déduction, dis-je, Roxanne semble être en liaison avec … bon je vais l’appeler M.

            Je me tus, je restai à regarder l’expression d’Hillary, cherchant une éventuelle frustration ou agacement. Je fus étonné de voir qu’elle me fixais et était en pleine réflexion … de si près j’admet qu’elle est très jolie. Elle l’est même plus quand elle s’assis et dit :

            « S’il te plait, je te demanderais de t’asseoir pour entendre mes conclusions primaires. »

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Chapitre 9 : Une conclusion incomplète  (L'histoire du Blog) posté le lundi 05 mai 2008 19:50

 

            Je ne tardai pas à obéir, je pris une chaise et m’assis. J’étais prêt à tout écouter, même ce que je savais. Je ne la couperai point. Marine se plaça à mes côtés l’air compréhensive. Hillary s’éclaircit la gorge puis croisa les bras :

            « Bien. Les résultats de l’encéphalogramme ne font que conforter mon analyse à ton sujet : Tony Cipriani, vous êtes atteint d’Hyperactivité latente (ça je le savais …). Les effets de ce trouble hyper kinésique se traduisent par une incapacité de rester lucide, une perte d’attention fréquente, une instabilité émotionnelle importante et, désolée d’ajouter cela, une santé fragile. Par contre, certaines études ont démontré que les personnes souffrant de la même maladie sont étonnements doués et possède un sens pointu d’analyse, d’abstraction sans oublier leur mémoire à long terme optimisée pour durer longtemps.

            Ceci dit, je t’ai demander de me parler de toi-même dans le but de dresser un premier portait psychique de ta personne. Aux premier regard, tu sembles avoir une enfance normale quoique perturbée par des années de primaires maussades. Le collège t’a certainement marqué, ou plutôt ce n’est pas le collège qui t’a tellement touché … mais plutôt … »

            Elle s’arrêta de parler, je savais qu’elle attendait que je réagisse. Je ne la couperai point avais-je dis ! Mais je ne pus prononcer, une nouvelle fois son nom … un nom qui me hante depuis cette prémisse de rencontre … est-ce de l’amour ?

-          Roxanne Angelo …

-          Tiens, ce nom me rappelle quelque chose … mais continuons voulez-vous ? demanda Hillary.

-          Oui je vous le permet, répondit Marine en pouffant de rire (j’acquiesce, moi-même résistait à la tentation d’éclater de rire !)

-          D’accord … (elle se renfrogna … tient … elle devient plus charmante … surtout quand le reflet de ses lunettes laisse place à ses grands yeux noirs) le fait que tu ai aimé de la sorte est quelque peu inhabituel mais vu ton hyperactivité … je ne suis pas étonné si tu en gardes un souvenir très puissant de la personne. Mais continuer sur cette même lancée risque de t’affecter gravement … aussi … changer ne serait pas une bonne idée. Je te laisse le choix, tu dois mettre en tête que c’est toi qui est maître de tes décisions, uniquement toi !

-          Ou … oui …

-          Concernant les analyses complémentaires … je suis navrée de t’annoncer … commença Hillary.

-          … que ton poignet gauche est sérieusement endommagé finirent Marine et Hillary en même temps.

            Quoi ? Mais c’est quoi ce binz ? Il n’a rien mon p…

-          AIEU ! J’AI MAL !!! Criai-je.

-          Je t’avais pourtant prévenu, répliquèrent Marine et Hillary.

-          Alors que dois-je faire doc ?

-          Te connaissant assez, je te suggère de ne pas utiliser ta main gauche. C’est pour ton bien …

            Elle se leva et fouilla dans un tiroir sous son bureau. Quelques instants plus tard, elle pris mon bras gauche et commença à bander mon poignet brisé. Bien que mes pensées soient toutes dirigées vers Roxy-Roxy, une impression bizarre se répand dans tout mon corps, une sorte de fourmillement qui tiraille mes muscles. Que serait-ce ? Alors qu’elle finissait ses bandages, je ne sais pas qu’est-ce qui me prend mais ma main droite attrapa la sienne. Elle est raisonnablement très gentille. Je lançais un regard en biais vers Marine, mes yeux croisèrent Hillary. Les fourmillements s’intensifient, est-ce une montée de testostérone ? Quoi, suis-je un animal maintenant ?

            … Hé ! Je ne veux pas de fricotage moi !

            Je t’aime Roxanne ! Et pour rien au monde je ne me rabaisserais à un tel niveau. Je reprends contrôle de mon corps, il faut rétablir mon erreur, c’est un Tony tout rougissant qui s’approche de l’oreille d’Hillary et qui chuchote :

-          Merci du fond du cœur, jamais une personne a si bien pris soin de moi …

            Elle s’arrêta de bander mes pansements. Cachées sous ses cheveux, je ne pus distinguer son expression. Je ne sais pas si elle a compris quoi que ce soit mais il m’est apparu qu’elle me cachait encore quelque chose. Elle prit place et continua :

-          Je n’ai pas fini ma conclusion. T’est-il arrivé que tu n’arrives pas à te concentrer ?

            Je sentis Marine à côté de moi, je sens sa tête contre la mienne … une douce chaleur m’enveloppe … serais-je un geste pour m’aider à rester dans ce monde trop complexe ? Je dois continuer, affronter la réalité : ma réalité. J’acquiesce en signifiant clairement : « Oui, mais je ne sais pas pourquoi. »

-          Je m’en doutais, jusqu'à présent, tous les résultats décris y compris ce qui est arrivé à ton poignet gauche est le fruit d’une étude logique et formelle. Maintenant on entre dans la pure théorie et je ne peux avoir que des suppositions …

-          Alors devine s’il te plaît Hillary. (tiens, j’ai dis la même chose quelque part non ?)

-          D’accord (elle sourit), vu que l’électro-encéphalogramme montre une activité intense de toutes les zones de ton cerveaux, il m’est apparu évident que tu ne peux pas être conscient tout le temps du monde environnant. Un monde imaginaire, parallèle, serait un travail de moins pour tes sens, comme ça ton cerveau fonctionnera de façon normale.

-          Comment es-tu arrivé à cette théorie ? Ai-je demandé, cette fois-ci d’un ton ferme, je savais que quelque chose tramait au fond, quelque chose de pas claire.

-          Pardon ?

-          Comment as-tu fait pour élaborer cette théorie en un clin d’œil ? Même Einstein a pris des années à corroborer la relativité restreinte !

            Et paf ! Sans trop savoir ce que je dis je suis sûr que je l’ai ébranlée … elle commence à bafouiller, hé … ce n’est pas du jeu elle risque de tomber.

            Machinalement je la pris dans mes bras, non pas par plaisir, seulement pour qu’elle ne s’effondre pas au sol (si on pouvait me faire pareil …). Elle avait les yeux clos et semblait dormir paisiblement. Je me rends compte que c’est une gothique, ou plus précisément, une gothique « lolita » aux vue de son maquillage noir, son pendentif « tête de mort » qui surgit de son cou. Sa couleur blanche est amplifiée par, sans doute, du fond de teint clair.

            Diantre … j’ai l’air d’un idiot complètement pervers ! En plus ma main gauche commence à lâcher ! Marine ne cesse de me regarder … j’aimerais tant qu’elle me vienne en aide cette fois ! Au lieu de cela, elle marmonne un chanson … mon dieu …

Belle …on dirait que ce mot sied pour … elle

Oh et puis zut, je lâche mon bras gauche.

Il n’aura fallu qu’un regard pour qu’elle t’ensorcelle …

De mon bras droit, je la serre contre moi-même, une étrange sensation s’empare de moi.

Elle t’a vidé de tous les mots qui existent sur terre …

Doucement, je me dirige vers le fauteuil. Je peux écouter les battements de son cœur …

Et pourtant tu penses l’aimer et tu y crois dur comme fer …

Tout en desserrant lentement mon étreinte, je la dépose audit fauteuil … et je laisse Marine conclure son sonnet.

Satan, Belzébuth et Lucifer …

Tremblez devant ce simple mortel …

En se demandant si aimer le rendrait criminel …

Il fait tout pour rendre son monde une merveille !

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Chapitre 10 : Et voilà qu'M arrive ...  (L'histoire du Blog) posté le samedi 24 mai 2008 14:52

            Me voilà de retour à Strasbourg. J’ai laissé les choses telles qu’elles sont, je me sens un peu plus libre car je sais ce qu’il me reste à faire. Je dois retourner au Maroc, rencontrer M, faire valoir ma valeur … Roxanne n’est pas pour moi, je doute qu’elle le sera un jour ; pourvu qu’elle soit heureuse alors …

            « Je ne comprend toujours pas pourquoi tu as réagis comme ça Tony … »

            Ah Marine ! Elle ne peut pas s’empêcher de penser à ce que j’ai fais (ou plutôt rien fait) avec Hillary. J’imagine qu’après qu’elle soit réveillée, elle sera surprise de voir que j’ai rangé sa chambre et écrit une lettre à son chevet … je me souvient même de son contenu … ah la mémoire à long terme !

            Chère Hillary,

            Pardonne moi si j’ai fait un peu de rangement, j’ai beaucoup aimé le dernier tube en allemand. Sa reprise en anglais manque d’authenticité mais à son charme …

            Tu es tombée sur les pommes, je ne sais pas pourquoi et j’espère que tu vas mieux depuis. Parler de psychanalyse doit être délicat, ce n’était pas mon intention de te faire du mal. J’ai réalisé beaucoup de choses avec ton aide, je te revaudrais ça un jour.

            Mais je suis un homme d’action ; et pour commencer, j’ai pris la peine d’achever ta thèse sur l’hyperactivité latente en dressant un portrait psychique de ma personne. Je souhaite que cela t’aidera pour ta carrière prometteuse.

            J’ai aussi décidé de rentrer à mon pays natal pour y régler mes affaires. Il se peut que, pour une raison ou pour une autre, j’aurais besoin de mon ébauche de portrait psychique. J’espère que je n’en arriverai pas à là mais si tel est le cas, met le dans un endroit où seul nous deux sauront où le trouver. Je n’ai pas envie de perdre la face, ni de perdre qui que ce soit.

            Depuis le temps que j’ai quitté la salle, j’ai de plus en plus de doutes …je ne sais plus si j’aime Roxanne ou pas …je ne sais même plus que faire. Tu sauras de quoi je parle bientôt, peut être même plus tôt que je ne le pense…

            Désolé de te garder encore des mystères, rappelle-toi d’un nom, il sera récurent : Lelouch.

Porte toi bien Hillary

Tony Cipriani

PS : Tu auras deviné que je suis gaucher…à cause de l’écriture torturée n’est-ce pas ?

 

            Ouille … mon poignet me fait réellement mal, je me demande comment ai-je bien pu supporter une telle douleur ? Un simple influx nerveux me fait mal maintenant, il faut dire que je suis resté le même, à quoi bon une psychanalyse alors ?

            La réponse viendra plus tard, alors que je sortais du train me ramenant à Strasbourg. Je ne m’attendais à personne, à part la foule qui émerge du train. Le brouhaha permanent et la cohue incessante me rappellent mes instants de deconnexions … « bip, bip » … mon téléphone me prévient de tout risque de perte de conscience …

            … oh c’est Jose Luis …

            « Tony, c’est dangereux, il faut qu’elle parte ! Il arrive ! Je ne le retiendrai pas plus longtemps ! »

            Hein ? Quoi ? Oh pas la peine de comprendre, quelque chose de « pas nette » se trame et je n’aime pas ça. Je sorts de la gare sans crier gare … c’est alors que j’ai tout saisi, tout compris …

            Une limousine se dirige vers moi …

            Je chuchote précipitamment : « Marine vite échappe-toi, revois-moi la nuit tombé quand tu t’auras assurée qu’il n’y à que moi. Vite ! »

            Je ne sais pas si elle a saisi quoi que ce soit, moi-même ne réagissant que spontanément … comme si Jose m’a lancé un ordre et que par un étrange pouvoir je l’ai exécuté … la majestueuse limousine … aux armoiries de Lelouch s’arrête net.

            C’était bien lui.

            Mais ce n’était pas normal, je pris place. Il resta muet et caché derrière son masque. Je referme la portière, j’entends un vrombissement de moteur. Les vitres sont teintés … une barrière séparait M du chauffeur …

            Non il est fou ou quoi ? Il enlève son …

            Non …

            Il a un teint uniforme qui me fait peur, des cernes … des traits qui m’imitent à la perfection (mais sans lunettes). Mas ce qui fait le plus peur ce sont ces yeux : grands, sombres, globuleux, toujours rivés sur moi. Il ne les clignent jamais je pense …

-          Tony … Cipriani … murmura-t-il.

-          Bonjour, M. Ai-je dit, toujours sous le choc.

-          Roxanne ne viens pas ?

            Quoi mais qu’est-ce qu’il raconte ? Oh non … se pourrait-il … qu’il ait vu …

            Le duel va enfin commencer.

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