Strasbourg à l’air plus accueillante que Paris, sans doute est-ce sa taille qui la rend plus attrayante pour moi. A peine ai-je descendu du train avec l’adresse du présumé futur cabinet de Hillary, qu’une femme blonde aux yeux étrangement violets se dresse devant Jose Luis Santiacci. Lui, s’arrête, la regarde, et attend. Je n’ai rien compris de suite, il fallut qu’elle l’embrasse pour que je saisisse enfin qui elle est : c’est Nathalie Lelouch. La responsable de l’enquête en France et l’amie de Jose. Il a presque tout prévu Jose…
C’était le jour avant mon départ, c'est-à-dire la nuit après ma dernière rencontre illicite avec M. Mon moral se trouvait à des profondeurs abyssales, ma raison de vivre et ma raison d’être se limitait à elle. J’avais pris la décision que pour le bien de tous, il fallait m’exiler là où peut être je retrouverais des couleurs. C’est là que Jose Luis est intervenu et m’a inscrit illico presto à une école préparatoire à Strasbourg dont son directeur n’est autre que l’oncle de son amie Nathalie Lelouch. J’étais étonné car Jose n’est pas du genre à faire des rencontres, la seule chose que j’ai saisi de lui est que Nathalie était une personne qu’il a conquit après avoir démoli un héro (il dit parfois des choses insensés ce gamin … et se prétend être cynique … mon Dieu …). J’en concluais que Jose n’est pas, heureusement, aussi cynique que je ne le pensais. Et pour garder Kira en l’état, on a convenu que Gio Antonio devait être l’exécuteur. Chaque fin de semaine, le sœur de Jose (volontairement contrôlée par le Death Note : Si elle commet la moindre gaffe elle mourra.) apportait une page du Death Note à Gio Reyes pour qu’il note les criminels ensachant qu’il doit aller dans un site que seul Jose connaît ; et par un code tenu secret, ils se communiquent les noms de meurtriers de tous pays. Je dois avouer que la méthode utilisée est futée, mais je désapprouve totalement l’usage de vies innocentes pour mener à bien ce projet fou de changer le monde. Si cela ne tenait qu’à moi, je renoncerais à la possession de ce cahier mortel mais la seule entité qui m’en empêche est Marine et son regard tout rond qui rappelle de façon récurrente Roxanne et le devoir envers elle de lui offrir un meilleur environnement pour s’épanouir.
Le fait que Jose est presque toujours dans ms parages n’est pas une contrainte en elle-même, seulement j’aimerais des fois parler en privé avec Marine pour qu’elle cesse de me harceler sans cesse et de me lancer des répliques désopilantes dès que je fait une action quelque peu galante. Mais bon, j’assume tout cela pour le bien du Monde (mon Dieu si j’apprends un jour que tout cela est caduc …).
Maintenant revenons un peu à nos moutons, on est à Strasbourg en compagnie de Jose et de son amie ainsi que de Marine. Si tout ce passe comme convenu, je logerais dans le pavillon des sciences physiques de l’Université Européenne de Strasbourg (ex. Université Louis Pasteur) et mais je travaillerais dans une salle spécialement préparée pour les besoins d’Interpol®. Tout cela en suivant des cours de physique pour acquérir le savoir que j’avais toujours rêvé d’obtenir. Jose, lui, va habiter dans une des multiples chambres d’ami de château des Lelouch. Apparemment, Nathalie semble rouler sur l’or, une somptueuse limousine blanche se gare juste à la sortie de la gare. Un homme en chemise blanche sort et nous ouvre la portière. Jose, bien sur, ne semble pas étonné le moins du monde ; moi non plus d’ailleurs … car il se trouve que j’ai une lointaine relation avec la branche Lelouch … mais c’est une autre histoire que je raconterais plus tard …
Le trajet pour arriver à l’école ne fut pas très long, on ne parlait que de choses générales ; quoique j’aie eu le temps de remarquer à quel point Nathalie est ferme et stricte. Son style vestimentaire rappelle ses origines princières, et toutes les couleurs qu’elle s’est mise tirent du même violet de son iris. J’insiste pour qu’on me dépose à mon pavillon car il se trouve que j’ai une idée du château des Lelouch. En dépit des insistances de Nathalie, je n’ai pas dévié de ma décision et on me déposa audit pavillon. Là, un concierge (ou personnel administratif, ou employé de l’établissement …) -qui ressemble vaguement à un personnage vu dans un livre de CM2 je crois- me reconduit vers une chambre d’une douzaine de mètres carrés de conception relativement simple mais d’une finition largement satisfaisante. Un bon lit avec un joli assortiment de draps, de couvre-lits et de couvertures ; tant de livres superposés dans de pratiques petits meubles en bois sont posés ici et là pour une soudaine envie de lecture. Je fus encore plus heureux de voir, au coin droit, une petite cuisine où délicieux plat chaud m’attendait ! Je pris un agréable plaisir à manger ce délicat saumon fumé tout en sirotant mon jus préféré. Ce voyage m’a plus que sapé … heureusement que le sommeil existe pour cogiter en paix et se reposer même temps …
Sauf que pour moi, même en plein sommeil, je ne suis jamais seul. Jamais depuis que je suis Kira …
Je rêve que je suis près d’une gigantesque cascade, je suis allongé dans une sorte de longue chaise qui donne sur la jetée. Sans trop attendre, j’aperçois Marine qui arrive doucement vers moi en flottant à la surface du lac. Je ne daigne même pas à la regarder, j’ai changé alors autant éviter de faire des rechutes … d’ailleurs elle ne m’aide pas avec ses répliques plus ou moins blessantes …- Tony Cipriani …
- Que me veux-tu ? Ne m’as-tu déjà assez blessé comme ça ?
- Regarde moi au moins …
- (Je regarde un seul instant … non j’en ai assez de la même belle figure …) Humph !
- Tu ressens toujours quelque chose envers Roxanne ?
- (maintenant je la fixe en face, tout mon dépit accumulé se libère d’un coup …) non je ne ressent rien en… ENVERS ROXANNE !
Je me lève de mon siège, je tourne le dos à cette magnifique cascade … non, rien n’est plus magnifique pour moi … Une main me tapote le dos, c’est Marine.
- Marine, dis-moi s’il te plaît pourquoi tu m’adresses des répliques sauvages à mon égard dans le monde physique ?
- Je pensais que tu connaissais la cause Tonio … tu m’as déçue … je pensais que tu n’allais pas te laisser aller par ces stupides sarcasmes … au fait, je ne faisait cela que pour faire croire a ton ami qu’on est pas « complices ».
Je ne dis plus un mot, je m’approche de Marine. Elle me prit dans ses bras, je met ma tête contre la sienne ; j’avais besoin de tendresse, d’affection en ce moment là. Une sorte d’aura jaune m’enveloppa alors me rendant plus gai, plus confiant à l’avenir. Le choix est fait depuis longtemps, il s’agit de l’assumer avec le plus d’existentialisme possible. J’essuie une larme tombée des joues de mon ange, elle me sourit.
- Alors, maintenant, raconte-moi s’il te plaît pourquoi as-tu insister pour qu’on te dépose au pavillon ?
- C’est assez simple, j’étais épuisé et d’ailleurs j’avais déjà ma petite idée sur Marie.
- Déjà ? Mais comment as-tu fait ? S’exclama Marine, visiblement étonnée.
- C’est une longue histoire … commençais-je.
- Raconte-la moi s’il te plaît. On a tout le temps devant nous, car dans le monde des rêves, il existe un temps relatif qu’on peut le manipuler jusqu'à l’infini … enfin, il est plus ou moins manipulable selon les humains …
- Si tu le dis. Au fait, je suis un peu parent avec les Lelouch, l’histoire remonte à quelques siècles en Europe. Un compte anglais, Lelouch de Lamperouge, a vécu une histoire d’amour avec une jeune femme commerçante dans un pays arabe, et cela en ayant déjà fondé une famille avec la duchesse Marie de Habsbourg. Cette famille a persisté et Nathalie n’est que la descendante directe de cette famille.
- Et … toi ?
- … moi je suis le descendant illégitime du compte Lelouch de Lamperouge. Ai-je ainsi conclus tristement.
- Ressens-tu cela comme une honte ? Et comment es-tu sur que tu es son descendant ?
- Dans le casier où j’ai mis un faux Death Note, il y a aussi un médaillon aux armoiries des Lamperouge. Non je n’ai pas honte au contraire … (je souris) c’est quelque chose que personne ne connais aussi bien. Ainsi Jose ne pourra jamais me tuer …
- … parce qu’il ne connaît pas ton vrai nom ?
- Oui, je m’appelle Tony Cipriani Li Britannia Lamperouge. Ai-je crié, et subitement je me retrouve dans un grand palais.
Je palpe ma tête, une couronne est posée autour. Je me retrouve aussi enveloppé avec une somptueuse longe cape en velours. Marine est en face de moi, toujours aussi ravissante dans un décor angélique. Elle me dit :
- Espérons que tu arriveras à tes fins … mais les Princes ne sont pas des anges.
- De la même façon, même les anges peuvent tomber. Répondis-je.
Marine ouvre les yeux, visiblement choquée. Le décor disparaît pour laisser place à un univers blanc, vierge de tout objet avec Marine et moi-même avec seulement notre enveloppe corporelle (je ne sais pas si je peux parler d’enveloppe pour un ange …) comme habit. Comme ça ma pensée sera claire comme de l’eau de roche, je m’exprimai de la voix la plus pure qu’elle soit :
- Marine, je ne cherche pas à devenir un prince. Je veux être un ange. (je m’approche d’elle). Un ange comme toi.
- Tu sais vraiment dire ce qu’il faut au bon moment …
Le blanc de cet univers devint encore plus blanc … il est temps de se réveiller !




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