« Le conflit israélo-arabe devient actuellement
israélo-palestinien car
… »
Ouah ! Je m’ennuie à mort, dire que je connais
cette leçon presque par cœur. Quelle perte de
temps ! Ecouter une vieille bique (malgré un profond
respect envers elle) alors que je dois tout faire pour raviver la
flamme de l’amitié avec cet ange assise devant moi. On
pourra la traiter de tous les noms mais j’ai toujours un
faible envers elle et comme si le destin présentait une
fatalité absolue, un fossé me sépare
d’elle.
Il faut juste voir comment elle réagit envers moi, elle
passe d’une chaleur palpitante et d’une joie
éclatante à une de ces froideurs qui affectent les
entrailles et ça ne s’améliore guère
avec l’amertume de ces derniers temps. J’en suis la
seule cause et moi seul dois trouver une solution à ce
désaccord, j’ai commis une faute énorme et
malgré mes remords je ne m’attends pas trop à
une réconciliation immédiate. Suivant les conseils de
mes amis, j’essai de ne pas trop y prêter attention et
je fais de mon mieux pour rester gentil avec elle. Dès
qu’elle regarde ailleurs, je profite du laps de temps pour la
contempler et l’observer tout en ressentant de la compassion
et du chagrin. Je ne peux changer cela : Je ne la
déteste point ! J’ai un faible pour
elle !
« Tony, pourrais-tu nous expliquer ce qui s’est
passé en 1974 ? »
Enfer et damnation ! Il fallait ce moment pour interrompre mes
pensées ! Maintenant que tous les regards (ou presque)
sont rivés vers moi, je me retrouve dans une situation
très délicate. Un rapide coup d’œil au
tableau (« Le conflit du Proche-Orient ») me
donne un cadre spatial, 1974 un cadre temporel, il faut juste
trouver le bon bout …
Je me lance : « En 1974 s’est
déroulé une guerre entre arabes (Egypte, Syrie,
Jordanie, Irak, …) et israéliens nommé guerre
du Kippour (« Pardon » en hébreu). Les
objectifs principaux de la coalition arabe étaient de
récupérer leurs anciennes terres stratégiques
(Sinaï, plateau du Golan) et de libérer la Cisjordanie
et de mieux protéger le golfe d’Akaba. Privant ainsi
… »
« Excellent ! C’est tout simplement
remarquable ! » S’exclama Mme
Dominicci.
Plusieurs visages aimables m’adressent des « bien
joué ! » ou « cool !»,
je cherche Roxanne des yeux, mince ! Je suis prêt
à mettre ma main (non un doigt) au feu pour dire
qu’elle me lançait un regard d’admiration une
seconde avant que je la fixe des yeux. En tout cas elle
paraît m’ignorer superbement à cet instant. La
mine un peu déconfite, je m’assois. Je vois la cour.
Une légère brise fouette le sol, j’aimerais
tellement être là-bas. Dans un banc à
l’ombre avec mon amie, je lui parle, on rigole de
l’excellente plaisanterie que j’a raconté, je
l’embrasse tendrement … Non, non, réveille toi
vieux ! C’est de l’optimisme proche de la sottise,
quoique …
Un point descend du ciel, il grandit, on aurait dit un cahier
abandonné, mais il a l’air … comment dire,
spécial. Ah enfin la sonnerie ! Je vais rapidement au
lieu concerné. Bonne déduction, c’est un
cahier. Un cahier noir grand format sans spirale ordinaire enfin
… en l’apparence.
Je tends la main pour le prendre et c’est alors qu’un
phénomène surréel se produit. Je commence
à entendre une voix qui me supplie de ne pas prendre ce
cahier, une autre plus forte me prie de le prendre car finalement
je n’aurais rien à perdre. Il fallait prendre une
décision ! Et puis je n’ai vraiment rien à
perdre !!!
Je prends le cahier et je le fourre dans mon sac, rien ne se
produit. Intrigué, je retourne par l’habituel
transport scolaire. J’ouvre ce cahier, que des pages
blanches, niet, pas de traces
d’écriture.
« Parfait ! Ca fera un beau cahier de
maths ! »
C’est à cet instant là que, sans
prévenir, une créature surnaturelle jaillit. Elle ne
paraît pas humaine. Ou plutôt si, un visage
apparaît, un visage de femme. Le plus beau visage que je
n’ai jamais vu. Blanc, ces joues … impossible …
pas elle ! Surpris, je lâche
un cri perçant :
« NON MAIS QU’EST-CE
QUE ? »
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